Assemblée annuelle des actionnaires de Valener inc. - Allocution de Sophie Brochu

27 Mars 2013 - Allocutions

Assemblée annuelle des actionnaires de Valener inc.

Montréal, le 27 mars 2013

Allocution prononcée par Sophie Brochu, présidente et chef de la direction de Gaz Métro.

Seule la version prononcée fait foi

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Mesdames, Messieurs, chers actionnaires : Bonjour !

C’est un plaisir pour mes collègues et moi de vous accueillir à cette assemblée annuelle de Valener, un moment privilégié qui nous permet d’échanger directement avec vous sur le bilan de la dernière année, les perspectives à long terme  et les efforts que nous déployons  à chaque jour pour assurer la croissance de votre investissement.

Cette croissance est bel et bien au rendez-vous. Entre 2006 et 2012, les actifs de Gaz Métro sont passés de 2,8 à 5,1 milliards de dollars.  Sur la même période, le nombre de clients que nous avons le privilège de servir est passé de 206 000 à plus de 492 000. De fait, Gaz Métro dessert aujourd’hui plus de clients aux États-Unis qu’au Québec et davantage de clients en distribution électrique qu’en distribution gazière. Et nous sommes devenus un joueur remarqué dans la production d’énergies renouvelables.

Notre croissance est le résultat de l’exécution rigoureuse d’une stratégie de développement en trois points.

1.     Étendre la portée commerciale et géographique du gaz naturel au Québec;

2.     Intensifier nos activités de distribution d’électricité au Vermont; et

3.     Concrétiser notre présence dans les énergies renouvelables.


1. Étendre la portée commerciale et géographique du gaz naturel au Québec

Au cours des 5 dernières années, il s’est découvert tellement de gaz naturel en Amérique du Nord que la durée de vie des réserves est passée de 7 à 100 ans. L’impact sur les prix continentaux ne s’est pas fait attendre: le gaz naturel coûte aujourd’hui 50 % de moins qu’en 2007. Tout cela fait du gaz naturel la source d’énergie la plus concurrentielle au Québec et ce, dans tous les segments de marchés.

Quelques exemples :

· Pour une maison unifamiliale moyenne, le gaz naturel est 19 % moins cher que l’électricité et 48 % moins cher que le mazout léger. 

·  Pour un hôpital, l’avantage économique du gaz naturel vis-à-vis toutes les autres sources d’énergie, peut mener une diminution de la facture allant jusqu’à 65 %.

·  Dans le cas d’une grande entreprise, les économies que réalisent nos clients peuvent atteindre 60 % par rapport aux autres formes d’énergie.

L’avantage économique du gaz naturel ne fait aucun doute. Et toutes les prévisions laissent présager une forte compétitivité du gaz pour encore une bonne quinzaine d’années. Cela n’est sûrement pas étranger aux consommateurs résidentiels qui ont été 25 % plus nombreux en 2012 qu’en 2011 à choisir le  gaz naturel pour assurer leur confort.

L’avantage du gaz naturel n’est pas seulement économique, il est également environnemental.  En passant du mazout au gaz naturel, les entreprises et les institutions réduisent du tiers leurs émissions de gaz à effet de serre, en plus de diminuer considérablement les émissions de polluants atmosphériques responsables du smog et des pluies acides.

Du coup, elles réduisent à la fois leur facture énergétique et leur empreinte environnementale.

C’est pourquoi les régions qui ne sont pas encore raccordées à notre réseau souhaitent le devenir le plus rapidement possible.  Gaz Métro étudie toutes les opportunités rentables pour étendre la portée géographique de ses infrastructures.

Cette année, nous avons prolongé notre réseau de Vallée-Jonction à Thetford Mines, une extension de 80 km, au coût de 25,3 millions de dollars, à laquelle Développement Économique Canada a contribué à la hauteur de 18,1 millions de dollars. La région bénéficie d’économies de 2,5 millions de dollars par année et contribue à une diminution de 7 000 tonnes de gaz à effet de serre.

Comme vous le savez aussi, nous rêvons de répondre à la demande des gens d’affaires de la Côte-Nord, la dernière grande zone industrialisée du Québec à ne pas bénéficier des avantages économiques et environnementaux du gaz naturel.  Au terme d’études de faisabilité menées au cours des derniers mois, nous sommes malheureusement contraints de reporter le projet. Nous constatons en effet que la conjoncture mondiale sur les marchés des métaux, principalement celle du fer et de sa transformation, rend très difficile la conclusion d’ententes à long terme avec les grands clients industriels de la Côte-Nord.  De plus, les décisions annoncées dernièrement par certaines entreprises quant au report d’investissements importants, et à la cessation d’opérations, font en sorte que les volumes de consommation de gaz naturel qui sont nécessaires à la réalisation du projet ne sont pas au rendez-vous selon l’échéancier prévu.  

Nous continuons à suivre de près l’évolution des marchés des métaux et des besoins énergétiques des entreprises et institutions de la Côte-Nord. Comme plusieurs, nous sommes d’avis que la desserte en gaz naturel de cette région demeure souhaitable, tant sur le plan environnemental qu’afin d’assurer la compétitivité des entreprises qui y sont implantées.

J’aimerais maintenant vous parler d’un tout nouveau débouché que nous sommes à développer pour le gaz naturel au Québec, soit celui du marché des carburants. 

Le gouvernement du Québec a fixé un nouvel objectif de réduction de 25 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020.

Dans le but d’atteindre cette cible très ambitieuse, il a récemment indiqué son intention de mettre sur la route 300 000 voitures électriques. Comme notre électricité est ici largement produite de façon renouvelable, le Québec réalisera des gains considérables.

Cette initiative est positive et souhaitable, mais à elle seule, ne suffira pas. Le secteur du transport est responsable de 42,5 % de toutes les émissions de GES du Québec. Or, le tiers de ces émissions est causé par seulement 2 % des véhicules : les camions lourds.

Dans le segment du transport lourd, l’électricité n’est d’aucun secours. La bonne nouvelle, c’est que la solution existe. Mieux encore, elle est disponible dès aujourd’hui.

Elle consiste à faire passer les véhicules lourds du diesel au gaz naturel, et le plus vite sera le mieux.

Ce mouvement est bien amorcé.

II y a deux ans, Transport Robert équipait sa flotte des tous premiers camions fonctionnant au gaz naturel liquéfié dans l’est du pays. Aujourd’hui, l’entreprise compte 80 camions à GNL. À l’horizon de 2014, elle en aura près de 200 sur la route.

Parallèlement, Gaz Métro a déployé ce que nous avons baptisé la Route Bleue. Trois stations de ravitaillement sont déjà en service à Toronto,  Boucherville et Québec pour permettre la desserte du corridor routier Québec-Toronto. Trois autres stations verront le jour d’ici la fin 2013.

D’autres transporteurs québécois emboitent maintenant le pas. On les comprend : avec un camion lourd au GNL, ils économisent jusqu’à 40 % sur le coût du carburant et ils émettent jusqu‘à 25 % moins de GES qu’avec le diesel.

Non seulement cela fonctionne pour les camions, mais cela fonctionne aussi pour les navires.

La Société des traversiers du Québec s’est inspirée en cela de l’expérience norvégienne. Les trois nouveaux traversiers pour Baie-Comeau, Matane et Tadoussac sont en construction et ils utiliseront du gaz naturel liquéfié comme carburant.

Non seulement cela fonctionne pour les navires, mais cela fonctionne aussi pour les trains.

Gaz Métro et le CN travaillent ensemble à démontrer la viabilité du GNL comme carburant pour les locomotives. Ce projet va bon train.

2. Intensifier nos activités de distribution d’électricité au Vermont

Nous sommes présents au Vermont depuis plus de 25 ans en tant que propriétaire de Vermont Gas Systems, l’unique distributeur de gaz naturel de l’état. Au fil des ans, nous avons développé une profonde compréhension du Vermont au sein duquel nous avons décidé de nous impliquer plus avant. Au cours des dernières années, nous avons complété deux acquisitions majeures, mais cette fois, dans le domaine de la distribution d’électricité.  Nous avons acquis Green Mountain Power en 2007 et au cours du dernier exercice, nous avons complété l’acquisition de Central Vermont Public Service (CVPS).  Sous la main d’une équipe de gestionnaires compétente et entièrement composée de vermontois, nous avons procédé à la fusion des deux plus importants distributeurs d’électricité de l’État. Du coup, nous avons franchi une étape importante dans notre stratégie de diversification prudente et ciblée. Nous avons également rendu possible des économies considérables pour nos clients américains et nous avons maintenant une plateforme américaine d’envergure pour la croissance de nos bénéfices.

3. Concrétiser notre présence dans les énergies renouvelables

Gaz Métro s’implique également avec détermination dans la production et la valorisation des énergies renouvelables.

Green Mountain Power exploite au Vermont 32 barrages hydroélectriques et deux fermes éoliennes. L’une de ces fermes, d’une capacité de 63 mégawatts, a été mise en service au cours des derniers mois, selon le budget et l’échéancier prévus.

Ici, au Québec, Valener et Gaz Métro, sont à bâtir aux côtés de Boralex, l’un des plus grands projets éoliens du Canada, celui de la Seigneurie de Beaupré. Un projet de 340 mégawatts, qui représente un investissement de près de un milliard de dollars, dont environ 60 % est de contenu québécois. Un projet qui bénéficie, il faut le dire, d’un bon appui de sa communauté d’accueil.

Gaz Métro souhaite également contribuer à la valorisation énergétique du biométhane, qui est ni plus ni moins que du gaz naturel local et renouvelable, produit à partir de matières organiques. Le biométhane, lorsqu’il est traité, est totalement interchangeable avec le gaz naturel. Il pourrait donc être acheminé par notre réseau et commercialisé auprès de l’ensemble des consommateurs de gaz naturel au Québec.

À la fin de 2012, Gaz Métro a déposé une demande relative à un projet d’injection de biométhane produit par la Ville de Saint-Hyacinthe. Malgré la récente décision de la Régie de l’énergie qui n’a pas avalisé la proposition de Gaz Métro, nous continuons à évaluer le modèle d’affaires qui nous permettra de mettre notre expertise et nos installations au service du bien commun et de contribuer à la valorisation de cette énergie nouvelle.

Conclusion

Comme vous pouvez le constater, Gaz Métro a grandi. De distributeur de gaz naturel, elle est devenue une entreprise énergétique, polyvalente, qui innove et qui est farouchement tournée vers l’avenir.

Tournée vers l’avenir de ses clients qui sont préoccupés à la fois par l’économie et l’environnement.

Et tournée vers votre avenir à vous, nos investisseurs, qui recherchez la stabilité et la croissance de votre placement.

Pour lire toutes les allocutions prononcées lors de cet événement, cliquez ici.

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