Salon Plan Nord - Le gaz naturel : un atout précieux pour la transformation industrielle sur la Côte-Nord - Allocution de Sophie Brochu

20 Avril 2012 - Allocutions

Vendredi 20 avril 2012

Allocution prononcée par Sophie Brochu,
Présidente et chef de la direction, Gaz Métro


Le gaz naturel : un atout précieux pour la transformation industrielle sur la Côte-Nord
Salon Plan Nord, Montréal

(Seule la version prononcée fait foi)

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Bonjour à tous,

C'est un plaisir pour moi d'être ici aujourd'hui pour partager avec vous les grandes lignes de notre projet de desserte gazière de la Côte-Nord.

La Côte, comme on l'appelle affectueusement chez nous, est la dernière grande région industrielle du Québec qui ne bénéficie pas encore des avantages environnementaux et économiques du gaz naturel. C'est une lacune, certains diraient une iniquité régionale, dont nous sommes bien conscients et que nous souhaitons corriger depuis plusieurs années, pour ne pas dire plus d'une décennie.

Il ne fait aucun doute que les volumes actuels de consommation de mazout lourd de la Côte-Nord sont importants. Mais la distance qui sépare la Côte-Nord des infrastructures existantes de Gaz Métro est considérable. Plus de 450 km de réseau doivent être mis en place, pour relier Jonquière à Sept -Îles, en passant par les autres centres industriels majeurs que sont Baie-Comeau et Port-Cartier. Un projet de l'ordre de 750 millions de $ qui représente une augmentation de 40 % de la valeur des actifs de distribution de Gaz Métro au Québec.

Bref, un beau défi.

Un défi qui présente par ailleurs son lot d'opportunités. En effet, trois grands changements structuraux se sont opérés au cours des dernières années, voire des derniers mois, dans l'environnement de ce projet. Des changements qui jettent aujourd'hui un éclairage nouveau et favorable sur ses possibilités de réalisation.

1. Le prix du gaz naturel a connu depuis quatre ans une baisse substantielle de l'ordre de 87 % et les spécialistes prévoient que sa position concurrentielle par rapport au mazout semble soutenable à terme en raison de l'abondance des découvertes récentes de sources d'approvisionnement aux États-Unis;

2. Les avantages environnementaux du gaz naturel par rapport au mazout sont de mieux en mieux compris et valorisés. Le recours au gaz naturel permet en effet une réduction de 31% des émissions de GES et de 93% des particules fines et des composantes qui causent le smog et les pluies acides;

3. La Côte-Nord se révèle aujourd'hui comme la « Grande Porte » du Plan-Nord. Un Plan qui est susceptible d'attirer dans la région des investissements industriels de deuxième et troisième transformation... pour autant que le gaz naturel soit rendu disponible à ceux qui souhaitent y avoir recours. C'est pourquoi les intervenants locaux et le gouvernement du Québec ont interpellé Gaz Métro et que nous répondons : présent!

De grands chamboulements, donc, qui président à l'annonce du Gouvernement du Québec et de Gaz Métro de procéder avec diligence aux trois grandes études de faisabilité requises à une décision éclairée. 

1. Les études de marché, afin d'établir le potentiel de consommation énergétique que l'on peut anticiper à terme sur la Côte-Nord si le gaz naturel y est disponible. 

Nous aurons ici à nous projeter dans le temps, 5, 10, 20 ans, afin d'évaluer les possibilités d'augmentation de capacité des usines existantes et les perspectives quant à l'implantation de nouvelles industries, notamment dans le secteur de deuxième et troisième transformation.

2. Les études environnementales et sociales, afin de sélectionner un tracé de moindre impact pour le gazoduc.

3. Les études de faisabilité technique et financière incluant l'ingénierie, afin d'optimiser le design et de confirmer les coûts.

Ces études seront lancées très prochainement et nous visons à avoir en mains leurs conclusions d'ici la fin de l'année 2012. Si elles sont positives, nous poursuivrons les processus d'approbation réglementaire et environnementale au cours de 2013.
Et si nous avons le feu vert, les travaux préparatoires et la construction pourraient débuter en 2014, pour une mise en service à la toute fin de 2015 ou en 2016.

Voilà pour le plan de travail.

Parlons maintenant du plan d'affaires. Car pour qu'un tel projet se réalise, tout le monde devra mettre l'épaule à la roue.
Gaz Métro financera les 750 M $ requis à la construction du gazoduc. Nous consentirons l'équité et sécuriserons la dette pour la mise en œuvre du projet.

Nous demanderons par ailleurs aux grands clients industriels opérant sur la Côte-Nord de s'engager pour des contrats de longue durée, une pratique typique dans des circonstances similaires.

De son côté, le gouvernement du Québec verra à compenser les revenus qui pourraient manquer au cours des premières années d'opération du gazoduc, le temps que s'ajoutent des volumes additionnels qui viendront justifier l'investissement. Un investissement qui doit justement tenir compte des besoins additionnels futurs au moment de dimensionner le gazoduc.
Et lorsque ce niveau de consommation sera atteint, les revenus liés à la croissance des volumes permettront de rembourser au gouvernement, au fil des ans, l'argent qu'il aura consenti pour assurer la réalisation du projet. Cette approche permettra à Gaz Métro de limiter l'impact qu'engendrerait autrement ce grand projet sur le reste de la clientèle qu'elle dessert dans l'ensemble du Québec.

C'est dans cet esprit « d'appel à tous » et de partenariat que le gouvernement et Gaz Métro envisagent le développement et la mise en place des infrastructures nécessaires à la desserte gazière de la Côte-Nord.

Et c'est avec la même approche, qui caractérise les façons de faire de Gaz Métro, que nous entendons collaborer avec toutes les parties prenantes au projet.

Je pense notamment aux communautés Innus de Mashteuiatsh, Essipit, Pessamit et Uashat Mak Mani-Utenam.

Je pense aussi aux quatre MRC, aux multiples municipalités et aux partenaires environnementaux et sociaux avec lesquels nous serons appelés à travailler, puis à cohabiter pendant de nombreuses années.

On doit remonter l'horloge de trente ans pour comparer le projet de la Côte-Nord avec la dernière extension majeure du réseau de Gaz Métro. C'était en 1983. Nous avions alors construit, avec un support gouvernemental majeur, le gazoduc de 350 km qui relie aujourd'hui St-Maurice au Saguenay / Lac St-Jean.

Parce qu'ils ont aujourd'hui accès au gaz naturel, les consommateurs de cette région ont épargné l'an dernier 200 M $ en comparaison de ce qu'ils auraient payé s'ils avaient dû recourir au mazout lourd.

Et ce sont des centaines de milliers de tonnes de gaz à effet de serre qui ont été évitées, ce qui permet à la planète de souffler un peu. Ce sont aussi des quantités importantes de polluants qui ont été éliminées, et ce, au bénéfice de la qualité de l'air que respirent quotidiennement les Saguenéens et les Jeannois.

Vous aurez compris de ce qui précède qu'il est permis de rêver à un avenir économique et environnemental meilleur, plus vert et plus prospère, pour la Côte-Nord avec la venue du gaz naturel.

Avec l'aide du gouvernement du Québec, Gaz Métro déploiera toute son énergie à faire de ce rêve une réalité.


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